ASPR
Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Roussétain - ( patrimoine, cadre de vie, environnement )
PAUL BORDE
Né à Orgon le 8 octobre 1826, mort à Paris le 21 avril 1878, Paul BORDE, n’en est pas moins roussétain. Il l’est par sa mère dont la présence de la famille remonte à Rousset, ou dans la vallée, à au moins le début du XVII° siècle. Il l’est encore parce qu’il a passé sa jeunesse à Rousset Il l’est aussi parce qu’il s’intéressa et s’investit dans la vie de la commune dès son retour en Provence en 1856 et qu’il y résida plus tard une dizaine d’années.
Son prénom officiel était Jean Baptiste, comme son grand père, mais on l’appela très tôt Paul, sans doute pour le différencier de son cousin également prénommé Jean Baptiste.
Il fit ses études primaires à Rousset sous la direction de Victor Bourrely et ses études secondaires probablement à Marseille. C’est en tout cas à Marseille qu’il fit ses premières armes comme dessinateur pour le Canal de Marseille qui était en phase terminale de réalisation. C’est à Marseille qu’il se maria avec Pauline de Tempest en 1846.
Il participa avec succès à la construction des premières grandes lignes de chemin de fer françaises. D’abord en 1848 comme chef de service à la réalisation d’un tronçon du prolongement vers Clermont de la ligne de Paris à Orléans, ensuite comme chef de division en 1850 pour un tronçon de la ligne de Paris à Lyon dans le secteur de Dijon, puis chef des travaux en 1852 pour la ligne secondaire de Gray à Auxonne. En 1853 il obtient avec un associé la réalisation d’une partie de la ligne de Dijon à Besançon. Enfin en 1856 il est retenu comme entrepreneur pour la construction de la partie du Var de la ligne Marseille Toulon qui fut mise en service en 1859. Le viaduc de Pont d’Aran qu’il construisit surplombe toujours, inchangé, la D559 b et le grand Vallat à l’entrée est de Bandol.
C’est tout au long de ce parcours qu’il eut ses quatre premiers enfants, le dernier Roger étant né en 1859 à Marseille.
Dès 1857 il s’installa à Marseille où il créa en 1859 la Société générale de Construction. Il construisit le bel immeuble du Quai de la Joliette dans le prolongement des Docks, nouveau à Marseille à l’époque par son usage mixte habitation et artisanat, par sa conception avec cour intérieure et par sa structure utilisant l’acier. Il participa à la construction des immeubles de la Rue Impériale (aujourd’hui de la République). Il utilisa pour ces réalisations les machines élévatrices à vapeur fixes et mobiles qu’il avait inventées et fait brevetées.
Parallèlement il créa avec quelques associés la Société des Catalans dont il fut le directeur. Elle a pour objectif de créer un nouveau quartier aux Catalans qui est encore à l’époque hors les murs et un nouveau port. La Société acheta des terrains, établit le projet d’aménagement d’un quartier d’habitations, de ses voiries avec notamment l’ouverture du boulevard de l’Empereur (aujourd’hui Charles LIVRON) par la traversée du fort de Saint Nicolas.
La Société grossit et devint Société des Catalans Saint Lambert dont le président fut Mr de GIRARDIN, grand homme de la presse nationale. En 1870 la « Impérial Land Company of Marseille » dont Paul BORDE fut l’ingénieur en chef rachèta les terrains des Catalans.
La solution du port sud n’étant pas retenue Paul BORDE créa les Bains des Catalans et le Grand Hôtel des Catalans.
Dès son retour dans la région il s’intéressa à son village. Il fut en particulier dès le début des années 1860 le principal donateur et soutien à l’abbé MEISSONNIER pour la construction de la nouvelle église dont il établit le plan définitif.
En 1866 il devint châtelain de Rousset par l’achat du domaine du château à Mr de CORIOLIS et du domaine du Défends à Mr d’ISOARD. Il s’occupa de moderniser son domaine notamment par la création d’une ferme moderne au Défends et autres aménagements. Il partagea son temps entre Marseille, voire Paris, pour ses affaires et Rousset où il fut longtemps Conseiller municipal.
C’est suite à la promesse qu’il en avait faite, s’il devenait conseiller général, qu’il donna une partie d’un pré pour élargir la petite place de Galinet et la rue Sainte Anne qui devint ainsi « Le Cours ». En 1870 il construisit sur le même pré la gendarmerie qui l’occupera jusqu’en 1914 puis finalement échangea le reste du pré contre un autre terrain afin de permettre la construction de la Mairie. Ainsi était née la place Paul Borde.
Il participa aussi à la vie locale en devenant Conseiller général en 1866 pour le Canton de Trets et cela à la satisfaction de ses électeurs qui le reconduisirent jusqu’à sa mort. Il fut aussi tenté par la politique nationale en se présentant aux élections législatives de 1867 dans la 4 ° circonscription de Marseille. Il fut éliminé au premier tour, largement distancé par Mr ESQUIROS qui l’emporta dans cette circonscription qui s’étendait jusqu’à la vallée de l’Arc mais était très populaire dans les quartiers est de Marseille. Il se cantonna donc aux activités du Conseil Général où il fut l’un des plus assidus et où ses rapports sur le développement du chemin de fer et bien d’autres sujets étaient appréciés.
Patriote, il s’investit pendant la guerre de 1870 en s’occupant notamment de la fourniture de fusils pour la Garde Nationale locale et s’engagea comme officier volontaire dans le Génie.
Il avait acheté les propriétés de Rousset grâce à des emprunts importants auprès du Crédit Foncier de France qui lui avaient sans doute été consentis au vu de ses avoirs sur la Société des Catalans et peut être du Canal de Suez qui avait suscité son intérêt. Dans le milieu des années 1870 les difficultés de ces deux sociétés ne lui permirent pas de faire face à ses échéances et les procédures mises en route par ses créanciers trouvèrent leur terme après sa mort en 1878 par la vente aux enchères de ses propriétés en 1880.
Le monument de la place qui porte son nom fut érigé en 1880 grâce à une souscription de la population.






